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Comme a l’accoutume, les habitants du village mettent en place une organisation de « RWA » a tour de role entre les differents foyers, tout en donnant la priorite aux familles ayant une certaine urgence ; generalement les habitants ne disposant pas de bete acceptent de ceder le role aux familles qui en ont.

Ainsi, un programme est arrete en commun accord entre les residents.
A l’instar des « TAYIRZA »(labour) et « TAMGRA »(moisson), « RWA » revet une grande importance et donne lieu a des preparatifs prealables, notamment le nettoyage de la maison, l’approvisionnement ne denrees alimentaires et eventuellement le sacrifice d’un mouton ou d’un bouc selon le niveau social de la famille concernee.

On tache d’embaucher les ouvriers pouvant etre engages dans l’operation plusieurs jours a l’avance. Mais, generalement les habitants du village organisent une sorte de « TIWIZI » a tour de role entre eux ne vue de la realisation des travaux relatifs a « RWA ».

Une fois le jour arrive, les membres de la famille se reveillent le matin de bonheur et le travail est automatiquement divise et ce, dans la mesure ou les femmes s’occupent de la preparation de la maison et de la cuisine et les hommes s’occupent des travaux au niveau de « ANRARE ».

Ceux-ci font le port-porte du village en vue d’assembler tous les equides du village au niveau « d’anrare » en vue de les nourrir et de les preparer aux travaux de « RWA ». Mais, c’est vraiment une tache penible, car il faut garder les betes.

Pour leur part, les ouvriers convies a l’operation arrivent de bon matin et prennent un premier petit dejeuner leger, constitue notamment de la soupe legere « AZKIFE » et du pain « aghrome n’takate » prepare pour l’occasion ainsi que les mets generalement servis lors des fetes, comme le beurre berbere « odi », miel « tamente », amlou et l’huile d’argane.

Une fois le petit dejeuner pris, les hommes s’installent au niveau d’anrare et declarent l’ouverture des travaux de « RWA » en distribuant « LABSSISS »(sorte de gateau berbere) aux personnes presentes sur place, notamment les enfants qui saisissent de telles occasions.

Par ailleurs, les ouvriers s’attaquent a « TAFA », recolte ayant ete installee au bord de « ANRARE » apres la moisson et la deverse sur anrare en vue de l’exposer au soleil chaud du mois de juin ou juillet.

Une fois on etale la recolte sur "Anrar", les ouvriers "Ikhdamn" retournent a la maison pour prendre le deuxieme petit dejeuner "lfdor" lequel est plus consistant que le premier ayant pris le matin de bonheur; car ce second comporte un met constitue de "Lidam", notamment "Odi, Tament, Amolu, Argan...etc" a l'entree et le ragine comme plat principal, apres quoi les gens ont le droit au bon the concentre "ichhrn".

Apres le repas, on s"attaque a la veritable tache relative au "RWA", en s'occupant d'abord de l'abreuvage des betes a employer et qui rappelons sont rassemblees sur "Anrar" depuis le matin et se sont bien regalees a volonte avec "tomzine" et ce malgre les piqures des mouches mechantes d'ete.

Pendant que les gamins s'adonnent a c?ur joie a diriger les anes vers le puit de douar pour les abreuver comme dit le proverbe "on peut amener l'ane a l'abreuvoir, mais on ne peut pas l'obliger a boire", les autres travailleurs installent les accessoires relatifs retenir les betes "A3gad", puis au fur et a mesure que les betes arrivent, on les installe selon leur capacite physique, en mettant les plus chetifs a cote au poteau autour duquel tournent et les plus robustes surtout les mules vers le perimetre de la trajectoire de "RWA"; cette operation d'installation des betes est souvent perturbee par les agissements agressifs de certains anes qui sautent sur les autres betes faibles ou plus dociles, surtout les femelles.

Une fois les betes placees et nouees dans "A3gad", l'operation de "RWA" est lancee en ch?ur en prononcant des paroles rythmees comme suit "Bissmi allahi, bissmi allahi, bissmi allahi, wahya hu, wahya hu" en fouettant les equides pour accelerer l'elan, puis apres avoir amorce l'operation, on repeter les memes paroles "Wahya hu, wahya hu" a tour de role.

Il faut rappeler que cette premiere etape est delicate et ce dans la mesure ou on est plonge dans la recolte de "tomzine" avec la poussiere qui transcende le corps sous la chaleur du mois de juillet, mais l'ambiance, le courage, la sobriete des gens de tamazirte priment sur les ennuis et la fatigue.

Une fois "tomzine" casses, on arrete les betes et on charge les gamins de les surveiller pendant que les ouvriers procedent a ce qu'on appele "Asseguerwile" c'est a dire le degagement de la partie inferieure de la recolte en vue de la mieux exposer aux frottements causes par les betes, il faut aussi le dire, c'est vraiment delicat, car la poussiere atteint son comble.

Ainsi, on repete le meme procede et on enchaine les betes jusqu'a ce qu'on parvienne a l'abattage complet de la recolte et on obtient un melange de grains d'orge et de foin; entre temps, les travailleurs sont convies a dejeuner en leur servant du couscous bien arrose avec argan et comme d'habitude du the bien concentre, et au moment ou ils dejeunent les femmes prennent le relais pour garder les betes.

L'operation prend fin vers le coucher du soleil et on arrete le travail sous un autre rythme en lancant du sel sur les animaux epuises en disant "adah guigun issamh rbi alkhalayk".
Puis, les enfants se bousculent a nouveau pour emmener les betes vers le lieu d'abreuvage et enfin les restituer a leurs maitres.

La deuxieme etape de "RWA" est "Azuzr" consiste a separer les grains d'orge de la paille en usant de la force du vent, ce qui montre le genie de nos ancetres. La aussi, il faut un savoir-faire qui doit etre acquis avec l'experience et l'age; on utilise une fourche en bois dite "Tazert". Cette operation d'azuzr necessite des conditions climatiques agreables avec un vent doux venant de l'Ouest permettant d'emporter le paille vers la partie gauche d'anrar et les grains vers la partie droite jusqu'a ce que toute la recolte soit traitee, ce qui necessite environ une semaine selon le volume a traiter et les conditions climatiques, car il arrive qu'on arrete tout a cause du vent violent venant de l'Est dit "wiming" ou le Sirocco, ou a cause du brouillard ou des averses, mais c'est vraiment la malediction que redoutent les paysans.

Une fois l'operation d'Azuzr terminee, on s'enchaine vers une autre etape consistant a nettoyer les grains d'orge des impuretes notamment les debris des gerbes dits "iwerman" c'est ce qu'on appele "assmam"; on utilise le meme procede du vent avec un autre instrument appele "taglut" et "talayine" obtenus a partir des palmiers.

Une fois les grains nettoyes, on obtient de l'orge pur qu'on presente au milieu d'Anrar, c'est ce qu'on appele "Tirchte"; c'est le moment de joie chez le patron, la famille et les ouvriers epuises apres de longs jours de travail ardu et aussi les membres de la famille qui participent a la courvee, surtout les femmes qui preparent sans cesse la nourriture des travailleurs.

Enfin, le patron ou un homme age du village designee par lui assume la responsabilite de faire l'inventaire ou de quantifier la recolte en utilisant un instrument de mesure appele "Assa3iy", cette operation est necessaire, car le paysan est oblige de deduire de sa recolte le "Zakat" ou "l3chor" c'est a dire le 1/10 qui est distribue aux indigents et une autre partie affectee aux anciennes "medersa" consacrees a l'enseignement du Coran, sans oublier la part des "cherfa" et igueramn de la zawia de "Tamguert".

 

 
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